Sortie en salle le 5 novembre

Espace pédagogique
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L’Homme aux bras ballants

De la case à l’écran


Le film de Laurent Gorgiard est adapté d’une bande-dessinée de Gilles Gozzer. Découvrez dans le fichier .pdf les coulisses de cette adaptation...

Introduction au cinéma expressionniste allemand

« les films doivent être des dessins doués de vie »


L'expressionnisme est apparu vers 1905 avec la création à Dresde du groupe Die Brücke (Le Pont), réunissant de jeunes artistes. Il s’est propagé rapidement à tous les arts : peinture, gravure, théâtre, roman, poésie, architecture, sculpture, musique. En 1910, Herwarth Walden, directeur de la revue Der Sturm (La Tempête), définit ainsi l'expressionnisme : « Un art qui donne forme à une expérience vécue au plus profond de soi-même. L’imitation ne peut jamais être l’art. Ce que peint le peintre, c’est ce qu’il regarde en ses sens les plus intimes, l’expression de son être ; ce que l’extérieur imprime en lui, il l’exprime de l’intérieur. Il porte ses visions, ses vues intérieures, et il est porté par elles. »

L’art expressionniste trouve son public après la Grande Guerre et gagne le cinéma en 1919 avec le célèbre Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene. Le scénario est violemment politique. (dénonciation de l’omnipotence du pouvoir d’Etat), les décors sont distordus et déformés, les acteurs incarnent toute l’intense expressivité et l’exaltation du théâtre d’avant-garde. On y trouve également un jeu déroutant avec la lumière et les ombres, fausses ou vraies : toutes les règles de la perspective sont abolies.

Avec ce film mythique, très remarqué à sa sortie – notamment en France -, l’industrie allemande a pris conscience de l’importance du décor et des Filmarchitekte, une profession qui apparaît alors. Ces derniers travaillent désormais étroitement avec les grands cinéastes allemands (Lang, Murnau, Pabst, Leni, etc.) et imposent un style résolument original.

L’art muet allemand, un mélange unique d'expressionnisme, de romantisme noir, de clair-obscur à la Max Reinhardt, de métaphysique, est peut-être, au point de vue esthétique, le cinéma le plus abouti des années 20, parce que les décorateurs et réalisateurs d’alors, intimement unis dans un même processus de création, ont compris que « les films doivent être des dessins doués de vie » (Hermann Warms).

A travers les dessins et les décors des Filmarchitekte, l’art expressionniste se prolonge dans le cinéma allemand jusqu’au début des années 30. Le nazisme mettra fin à la révolte expressionniste. Celle-ci trouvera cependant de nouvelles formes en Europe et aux Etats-Unis, où de nombreux cinéastes, décorateurs et opérateurs ont émigré.

Aujourd’hui encore, l’influence de l’expressionnisme dans le cinéma contemporain est remarquable. Des réalisateurs comme Dario Argento, Tim Burton, Werner Herzog etc., et des courants cinématographiques (les bien nommés « films noirs » de Hollywood, etc.) peuvent être considérés comme des héritiers directs.


Marianne Fleury & Laurent Mannoni

Commissaires de l’exposition Le Cinéma expressionniste allemand (Cinémathèque française, octobre 2006/janvier 2007)


Liens : http://cinema.expressionnisme.bifi.fr


Max Reinhardt : Metteur en scène de théâtre autrichien qui, de 1902 à 1933, réalise de nombreuses mises en scène pour divers théâtres berlinois. Après la prise du pouvoir par les nazi, il s’exile en Angleterre puis aux Etats-Unis.

Der Müde Tod (Les Trois lumières) / Fritz Lang, 1921

Nosferatu, Friedrich Wilhelm Murnau, 1922

> une idée pour introduire en classe le cinéma expressionniste :

le clip Otherside des Red Hot Chili Peppers


Réalisé en 2000 par Jonathan Dayton et Valerie Faris qui triompheront avec Little Miss Sunshine en 2006, ce clip pour le groupe californien est une référence évidente au cinéma expressionniste allemand.

Photo de tournage de Metropolis de Fritz Lang, 1927

> Tim Burton et le cinéma expressionniste


Dès ses premières réalisations - notamment le court métrage d’animation Vincent réalisé en 1982 - et qui est une référence pour tous les animateurs qui pratiquent le cinéma de marionnettes -, Tim Burton a parsemé ses films de références à l’expressionnisme. Ainsi dans Batman, il introduit dans la métropole gothique de Gotham City un dénommé Max Schreck (du nom de l’acteur mythique de Nosferatu), interprété par Christopher Walken, et donne à Danny DeVito qui incarne le Pingouin des allures de cousin du docteur Caligari. Parallèlement, Tim Burton travaille sur un remake du classique de Robert Wiene qui ne verra jamais le jour.

Dessin de Tim Burton pour Vincent

Cliquez pour télécharger le document De la case à l’écran (.pdf)PLEINE_LUNE_pedagogique_HOM_files/De_la_case_a_lecran.pdf
Cliquez pour télécharger la bande dessinée de Gilles Gozzer(.tif). 
Document strictement réservé à un usage pédagogique.PLEINE_LUNE_pedagogique_HOM_files/BD_Gozzer_1.pdf

Emmanuelle Gorgiard travaillant sur la ville de L’Homme aux bras ballants, 1997

photographies de tournage de L’Homme aux bras ballants

de Francis Blanchemanche

Dossier  inspiré par le supplément au n° 569 des Inrockuptibles

photogramme de L’Homme aux bras ballants

photogramme de L’Homme aux bras ballants

photogramme de L’Homme aux bras ballants

photogramme de L’Homme aux bras ballants

photogramme de L’Homme aux bras ballants

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